Pour Dante écrivant sa "Vita nova", incipit vita nova (une vie nouvelle a commencé), "quand à mes yeux apparut pour la première fois la glorieuse dame de mes pensées, que nombre de gens nommaient Béatrice sans savoir ce que signifiait son nom".

    "Porteuse de béatitude", nous dit le traducteur, "mais aussi de "larmes", ajouterons-nous. Et pourquoi donc toutes ces larmes qui se propageront plus tard de Dante aux dames qui l'entourent?

    Car nous "voyons" que les yeux qui ont "vu" Béatrice sont les mêmes que ceux qui "pleurent", et, "pleurant", donnent lieu à d'autres "yeux" de "pleurer"… Serait-ce là le bain même de la béatitude?…

    Mais que ferons-nous de la raison que, pourtant, Dante avait convoquée dès le début?

    Reprenons d’abord la question des larmes comme elle se présente dans Vita nova. Selon la traduction dont nous disposons, nous y trouvons un peu moins de cent fois les termes "pleurer" ou "larmes" (j'en compte 95!…). Pour un écrit de 58 pages, c'est tout à fait considérable.

    Nous aurons l'occasion d'y revenir.

    Mais peut-être n'est-il pas inutile de signaler, dès le départ, que tout bonheur (ce qui signifie "bonne rencontre") est aussitôt malheur ("mauvaise rencontre"). En le formulant autrement, nous pourrions dire : derrière la beauté, ou, encore, grâce à l'expérience esthétique, nous rencontrons… ce qu’il nous reste à découvrir dans Vita nova.